L’islamophobie, un droit?

Eh ! Coucou ! Je reviens de vacances passées en partie au Maroc où, moi, la Française, j’ai été traitée comme une reine. Et voilà-t-y pas qu’en rentrant dans mon cher pays, la France, je découvre qu’une citation fait polémique sur les réseaux sociaux : « On a le droit d’être islamophobe » ! Citation du Français Henri Peña-Ruiz. Bonjour l’accueil ! L’hospitalité, c’est décidément loin d’être une spécialité française !

Sur le coup, je me suis dit : « Tiens, c’est bizarre, l’auteur des Quatre accords toltèques, livre culte en développement personnel, qui dit ça ? En plus, il est français ? Je croyais qu’il était sud-américain ! ». Après vérification, je m’aperçois qu’en fait l’auteur des Quatre accords toltèques est Don Miguel Ruiz, pas Henri Peña-Ruiz. Oups, j’avais confondu !

En fait, Henri Peña-Ruiz est un philosophe qui a participé à l’Université d’été du parti politique La France insoumise. Ah ben, je comprends mieux que je ne le connaisse pas. La philo n’a jamais été mon fort. J’ai eu 5/20 au bac alors que j’étais en section littéraire ! Quant à la politique, mes expériences dans le domaine m’en ont éloignée. Définitivement.

Mais bon, j’ai quand même envie d’écrire un article sur le sujet. J’essaie donc d’en savoir plus car je cherche toujours soixante-dix excuses à mon frère en humanité (par déformation religieuse) et en plus je vérifie toujours l’information (j’ai appris à le faire suite à quelques cafouillages sur les réseaux sociaux !). Comme je vous l’ai dit, dans mon précédent article, je ne suis pas journaliste. Mais j’ai quand même une conscience !

Islamophobie? Critique de l’islam pas des musulmans…

Et là, je découvre qu’il s’agit d’une phrase tronquée. En fait, la phrase se trouvait au milieu de ce gros pavé :

«Le racisme, qu’est-ce que c’est ? Mise au point : c’est la mise en question des personnes pour ce qu’elles sont. Mais ce n’est pas la mise en question de la religion. On a le droit, disait le regretté Charb, disait mon ami Stéphane Charbonnier, assassiné par les frères Kouachi en janvier 2015. On a le droit d’être athéophobe comme on a le droit d’être islamophobe. En revanche, on n’a pas le droit de rejeter des hommes ou des femmes parce qu’ils sont musulmans. Le racisme, et ne dévions jamais de cette définition sinon nous affaiblirons la lutte antiraciste, le racisme c’est la mise en cause d’un peuple ou d’un homme ou d’une femme comme tel. Le racisme antimusulman est un délit. La critique de l’islam, la critique du catholicisme, la critique de l’humanisme athée n’en est pas un. On a le droit d’être athéophobe, comme on a le droit d’être islamophobe, comme on a le droit d’être cathophobe. En revanche, on n’a pas le droit d’être homophobe, pourquoi ? Parce que le rejet des homosexuels vise les personnes. On rejette des gens pour ce qu’ils sont, et là on n’a pas le droit de le faire. Le rejet ne peut porter que sur ce qu’on fait et non pas sur ce qu’on est.»

Alors, je ne sais pas si vous avez compris quelque chose ! Moi, j’ai compris pourquoi j’avais eu une sale note au bac ! J’ai beau lire et relire les propos d’Henri Peña-Ruiz, je ne comprends rien. Pourtant je comprends chaque phrase individuellement. Mais dès que je les lis toutes ensemble, cela devient incompréhensible pour moi. Pas étonnant qu’on ait sorti la phrase de son contexte !

J’essaie de comprendre quand même. Donc je lis et relis. Encore et encore. Alors, si j’ai bien compris, il voulait dire que quand on est islamophobe on n’aime pas l’islam mais on aime les musulmans. Donc pas grave. Alors que quand on est raciste anti-musulmans on aime l’islam mais pas les musulmans. Et ça c’est grave. En plus, ces arguments ont d’autant plus de valeur qu’ils font référence à Charb, de Charlie Hebdo, journal satirique grand défenseur des musulmans, comme tout le monde le sait !

Ah ben, merci Monsieur Peña-Ruiz, vous m’avez ouvert les yeux ! Non seulement j’ai compris pourquoi j’ai eu une sale note en philo au bac mais j’ai mieux compris tous les actes islamophobes dont j’ai été victime en tant que femme voilée. En fait, on ne s’en prenait pas à moi mais à l’islam. D’ailleurs, c’est pourquoi le maire du village qui voulait m’empêcher d’assister à sa Fête des sports m’a dit : « Votre religion, j’en ai rien à foutre ! ». Tout comme le médecin qui a refusé d’ausculter mes enfants si je ne retirais pas mon foulard, ce n’était pas à moi qu’il s’en prenait mais à l’islam ! C’était de l’islamophobie, pas du racisme antimusulman. Donc ce n’était pas grave ! Dommage qu’Henri Peña-Ruiz ne se soit pas exprimé avant ! J’aurais compris alors qu’il n’y avait vraiment pas de quoi en faire tout un fromage !

Par contre ni le maire ni le médecin n’ont usé de diplomatie. Mais ce devait être parce qu’ils étaient nuls en communication. Chacun ses faiblesses ! Ce qui nous amène à cet accord toltèque de Don Miguel Ruiz (si ça se trouve, ils sont quand même de la même famille !) : « Quoi qu’il arrive, n’en faites pas une affaire personnelle » ! Que les musulmans feraient bien de garder constamment à l’esprit car ils ont la fâcheuse tendance à croire qu’on les attaque personnellement ! Alors que les islamophobes, eux, tout comme les racistes d’ailleurs, font bien la distinction entre islam et musulmans.

Une peur avant tout

Je suis nulle en philo par contre je suis très logique. Dans « islamophobie » il y a « phobie ». La phobie peut être soit du racisme, comme l’homophobie citée dans le texte est un racisme anti-homosexuels, soit une peur pathologique, comme la claustrophobie ou la globophobie (peur des ballons de baudruche !), c’est-à-dire une maladie. Or selon l’équation mathématique de base, si A = B ou C, et que A ≠ Balors A = C. Donc, si l’islamophobie n’est pas un racisme antimusulman, alors c’est une maladie. Et à ce rythme-là, je crois bien qu’elle finira par être remboursée par la Sécurité Sociale !

Et voilà, le trou de la Sécu, ce sera encore la faute des musulmans, selon les racistes ! Eh bien, pour une fois, ils n’auront qu’à s’en prendre aux islamophobes ! Parce que, entre les islamophobes et les racistes, les musulmans sont servis ici en France ! Moi, je préfèrerais que l’on me serve du couscous ! Bon ben, je crois bien que je vais retourner faire un tour au Maroc !

Maryam

Alias Marie-Odette Maryam Pinheiro (#momp)

Auteure de « Je suis musulmane voilée et non je ne sais pas faire le couscous ! » et de « Coran & Développement Personnel – Regards croisés »