Abattage rituel: trois questions à…

Zoé Genot, présidente de groupe Ecolo au parlement bruxellois

  • Quelle est la position d’Ecolo concernant l’étourdissement?

ECOLO est un ferveur défenseur du bien-être animal, cependant nous estimons qu’une mesure se limitant à l’interdiction pure et simple de l’abattage sans étourdissement, en plus d’être insuffisante, aura des effets contradictoires par rapport à l’objectif poursuivi. Nous ne pouvons défendre une mesure, isolée, largement symbolique, dont les effets concrets dégraderont encore plus les conditions d’abattage des animaux concernés, soit que de nombreuses heures de transport vers la France ou l’Allemagne leur soient imposées, soit qu’ils seront élevés et abattus dans des pays plus laxistes en matière de bien- être animal.

  • Le bien-être animal ne peut selon vous être réduit au seul abattage rituel?

Oui c’est une manière biaisée de poser le débat. La vraie opposition ne réside pas entre l’abattage rituel, juif ou musulman, et celui qui ne le serait pas. La vraie opposition est celle entre l’abattage industriel et celui qui limite les souffrances animales en rompant avec la logique industrielle, qu’il soit rituel ou non. Dans cet esprit, nous préconisons l’abattage sur les sites d’élevage pour diminuer le stress et les mauvaises conditions du transport.

  • On a tendance à opposer l’abattage rituel au bien-être animal, le débat est biaisé selon vous ou au contraire l’un exclu forcément l’autre?

Tout à fait, une telle démarche contribue à dissimuler l’enjeu du bien-être animal et les mesures concrètes et structurelles qu’il impose. C’est l’ensemble de notre système alimentaire qui doit évoluer pour réduire les souffrances infligées aux animaux : des conditions d’élevage à l’assiette des consommateurs.