Cultivons l’esprit du cadeau!

Offrir ne serait-ce qu’un sourire apporte souvent plus à la personne qui donne qu’à celle qui reçoit. Le coup de coeur de la semaine…  

Le soleil est au rendez-vous en ce mois de mai de Ramadan. C’est le mois de la réforme et je prends la décision de moins utiliser la voiture surtout pour des petits trajets; et ce dimanche matin je m’apprête à aller à pied à la boulangerie de ma ville. Et avec l’aide d’Allah, j’aspire à maintenir cette nouvelle résolution pour les jours à venir. Le mois de Ramadan est un mois de changement pour les musulmans, l’occasion d’être meilleur qu’hier et de devenir la meilleure version de nous-mêmes. C’est sur cette optique que mes pas m’amènent au centre de ma petite ville. Je constate avec surprise qu’il y a du monde pour un dimanche matin, et pas seulement des personnes âgées… Mon regard s’arrêta chez le fleuriste qui fait le coin de la rue : une file de gens, tous âges confondus déborda jusqu’au trottoir ! Chaque personne sortait d’un pas léger et décidé de chez le fleuriste avec un bouquet de fleurs en main. « Bonne fête à vous, madame ! » me dit ma boulangère avec un grand sourire en me rendant la monnaie et mon pain. Je la remercie et lui remet aussi « une bonne fête à vous aussi ! ». J’ai compris à ce moment quel jour nous étions : c’est la fête des mères aujourd’hui ! Tout au long de mon chemin, je croise des adolescents pressés, serrant leurs bouquets fermement dans leurs mains, des hommes et femmes le sourire aux lèvres, le téléphone dans une main et un bouquet dans l’autre, des jeunes enfants concentrés comme si leur vie en dépendait sur leurs fleurs, par peur que le vent ne les emporte. Il flottait dans l’air une atmosphère joyeuse. Ce « spectacle » de rue me donna l’occasion de recevoir une belle leçon de sagesse ! J’entend déjà les nombreux commentaires arrivés au galop en m’exhortant des « Astarfilollah ! Ce n’est pas une fête musulmane ! C’est un péché, une innovation si tu la fêtes ! Et puis, c’est commercial !!!»

Et je rassure ma communauté : je n’ai pas l’intention d’instaurer un jour de célébration en dehors de nos fêtes musulmanes. Mais, un instant ! Réfléchissons ensemble…Au-delà de cet aspect traditionnel ou mercantile, n’y a-t-il pas une sagesse à en tirer ?

La « perle » de sagesse dont j’en ai tiré, est celle-ci : la manière de traiter les gens proches qui nous entourent. L’amour est un mot qui a plusieurs sens. Ici on fera la distinction entre l’émotion qu’est l’amour et le choix d’aimer, d’être une personne aimante. Cela consiste à choisir d’agir avec amour envers ceux qui nous sont chers et de faire une priorité des relations aimantes dans notre vie, en posant un regard bienveillant sur les autres. Nous y voilà ! Nous sommes au cœur du problème de notre communauté! La bienveillance est une prescription divine, un devoir pour chaque musulman envers l’humanité, envers toute la création d’Allah. Et cette fête des mères me rappelle mon propre devoir envers l’humain, notamment envers mes parents, mon mari, mes amis, mes collègues…Est-ce que j’ai fait de la place dans ma vie pour ma famille, mes amis et mes relations ? Ai-je permis aux choses d’être plus importantes que les gens ? Est-ce que j’ai fait preuve de gentillesse et d’amour envers les gens qui me sont chers ? Est-ce que j’ai répandu de la bienveillance dans le monde avec chacune de mes interactions?… Etre animé par l’esprit du don, cela nous transforme et nous permet d’attendre le but ultime de tout être humain: faire le bien dans ce monde et avoir en retour la satisfaction d’Allah. Imaginez toutes ces mamans recevant avec amour leurs bouquets aujourd’hui! Imaginez leurs sourires, leurs émotions, leurs yeux brillants ! « Quiconque fait un bien fut-ce du poids d’un atome, le verra,… » nous dit le Coran ( Sourate 99, verset 7).

N.E.