L’engagement, une notion oubliée

Dans un monde où l’individualisme prime, il n’est pas fort de dire que la notion d’engagement n’est pas prioritaire dans notre société. Certes, elle existe, de part les différentes associations, l’augmentation des bénévoles ou encore l’engagement des politiques … mais allons un peu plus loin pour découvrir un aspect différent de cette valeur qui est la base de nos actions.

Qu’est-ce que l’engagement ?

Pour ma part, l’engagement c’est avant tout une responsabilité. Dans un premier temps et d’un point vue spirituel, je dirais que c’est un pacte. Un pacte que nous avons eu avec le Tout Puissant, mais j’aimerais avant de développer une vision religieuse, donner ma conception de cette valeur. Dès lors, je verrais l’engagement comme honorer sa parole, respecter autrui et se respecter soi-même. C’est aussi finaliser ce qui est commencé, c’est donner, c’est s’offrir… S’offrir, oui. Pour le meilleur. S’offrir et faire preuve d’amour, d’humilité, de rencontres, de don et de dévouement … et quoi de plus beau que de pouvoir soulager ou venir en aide, ne serait- ce que par une présence. S’engager c’est aller jusqu’au bout, c’est tenir ses promesses.

En effet, de nos jours, c’est l’aspect actif de l’engagement qui est mis en évidence. Les réponses de la plupart des personnes interrogées sur le sujet vont en ce sens, comme ces deux quarantenaires qui disent : « Je comprends par engagement le fait de s’investir… peu importe une chose, un projet, une relation… Le principe est que tu es d’accord …s’engager c’est s’investir. Tu dois savoir que tu vas donner de toi« . La réponse suivante met l’accent sur les qualités requises : « Etre entier, sincère et tout donner à partir du moment où on a décidé de partager. L’honnêteté, la transparence, l’intégrité, le partage, … et le don de soi. »

Cet homme d’une quarantaine d’année aussi, décrit l’engagement dans le même sens mais avec une réponse plus ciblée : « C’est la volonté de participer, dans le sens collaboratif du terme, à un projet et le porter avec un ensemble de personnes et servir de moteur... ». Quant à ce jeune homme de 19 ans, il décrit l’engagement comme suit : « L’engagement, c’est une décision personnelle et volontaire pour une cause ou un projet qui nous touche ou qui nous parle». La majorité des personnes interrogées vont en ce sens. Une, cependant, s’est démarquée en parlant de notre 1erengagement sur terre, à savoir celui donné à Allah (azawajal) : « L’engagement c’est la responsabilité de notre promesse, mais au-delà de la parole cette responsabilité passe aussi par l’action. C’est à partir de la parole que tout commence. Et notre mission sur terre c’est la 1èreresponsabilité, on a reconnu qu’Allah était Dieu…et on a accepté la mission ».

L’engagement d’un point de vue religieux

De nombreux versets et hadiths existent concernant l’engagement et beaucoup vont
dans le sens de quelque chose de sacré. Dans la sourate « La table servie » au verset 1, Allah le Très-Haut dit (Traduction rapprochée) : « Ô croyants ! Remplissez fidèlement vos engagements ».L’impératif utilisé, ici, nous fait comprendre, qu’honorer ses engagements est une obligation religieuse.Dans la sourate « Le voyage nocturne », au verset 34, Allah (Soubhanna wa Ta3ala) dit (Traduction rapprochée) : « Et remplissez l’engagement, car on sera interrogé au sujet des engagements. »Concernant le pacte dont je faisais référence plus haut, il s’agit en réalité de l’engagement de l’Homme fait à Allah, avant notre existence, à savoir la reconnaissance de Son Autorité Absolu, il est intéressant de se référer au verset 172 de la sourate « Al A’raf » : « Et quand ton Seigneur tira une descendance des reins des fils d’Adam et les fit témoigner sur eux-mêmes: «Ne suis-Je pas votre Seigneur?» Ils répondirent: «Mais si, nous en témoignons…» – afin que vous ne disiez point, au Jour de la Résurrection: «Vraiment, nous n’y avons pas fait attention».

Un engagement civique, social et administratif

On a dit que les individus sont régis par ces valeurs et y sont confrontés dans la vie de tous les jours. Pourtant, chaque jour nous sommes confrontés au non-respect de nos promesses. Aussi nombreux soient les exemples, je tacherais de ne pas vous noyer avec une liste exhaustive …. Je développerais donc 3 points essentiels à mon sens, à savoir, le civisme, le social et l’administratif. Commençons par le manque de civisme dans notre société. Au-delà de cet attachement et de ce dévouement pour les collectivités, nous pouvons intégrer ce que notre religion nous inculque en matière de valeurs islamiques, à savoir le bon comportement avec tout ce que cela englobe : une foi pure et sincère, la bienveillance, la loyauté, l’humilité, la patience, la maîtrise de soi… et bien d’autres encore. Mais aussi, la politesse et la bonne conduite envers la famille et les voisins…

Quant au civisme dans un contexte d’intérêt public, ce serait de s’engager à respecter ses lois. De là, en découlerait l’obligation, pour nous, de respecter les conventions établies par la société dans laquelle nous vivons. Mais aussi de s’engager, faire bouger les choses et ne pas être spectateur du monde. Lorsque nous avons des enfants, nous nous engageons à leur donner une bonne éducation, les outils nécessaires afin qu’ils puissent à leur tour, le moment venu, appliquer ce qu’ils auront toujours connu, à savoir l’engagement de leur parents et le respect de s’y tenir.   D’un point de vue social, ce serait participer au développement des interactions humaines, concrètement ça peut être s’engager dans le communautaire, choisir une cause, une association, et donner de son temps, tout simplement. Et dans un tout autre registre, nous pouvons noter les signatures de toutes sortes de contrats, à savoir : d’embauche, de mariage, de baux, … Mais aussi lorsque nous passons le permis de conduire, nous nous engageons à respecter le code de la route. Alors me direz-vous, c’est un peu simpliste et je vous répondrais : oui ! Justement c’est simple de respecter ses engagements.

En définitive, nous pouvons dire que l’engagement est avant tout pour Dieu. Une éducation spirituelle et une purification de l’âme sont prépondérantes à la concrétisation dudit pacte. Une fois cette étape franchie, je dirais que c’est contribuer au bien-être des gens autour de nous, la famille, les proches, les voisins, en somme, les liens fondamentaux qui unissent les musulmans. L’altruisme, indéniablement, fait partie des qualités, qui me paraît indissociable de cette notion d’engagement : ne rien attendre en retour, si ce n’est un bien-être, une satisfaction.

Quelles conséquences ?

Quel modèle laissons nous à nos enfants si nous même ne respectons pas nos dires, nos promesses, ou plus simplement nos rendez vous,… Les conséquences du non respect ont un impact sur autrui mais aussi sur soi-même. Lorsque nous savons que nous ne pouvons pas tenir notre engagement, notre promesse,… refusons ! Il me semble préférable de refuser et même de se voire refuser quelque chose que de se voire infliger la colère de Dieu. Un très beau proverbe chinois illustre  bien cette pensée : « Mieux vaut mille refus qu’une promesse non tenue ». (1803)

 

N.B.