Notre héritage : sur les traces de l’âge d’or de l’ère arabo-musulmane…Partie 1

Connait-on réellement notre histoire? Celle qui a permis à la civilisation arabo-musulmane de dominer une grande partie du monde grâce à son savoir et à la recherche de nouvelles connaissances.Celle qui a ouvert la voie à des changements sur le plan scientifique, medical, commercial, urbanistique, économique, académique, civil, littéraire, philosophique…C’es l’authentique histoire d’une élite qui gouverne, administre, écrit et étudie: la communauté du savoir! Ces savants musulmans ont changé la face du monde et étaient en avance sur leur temps… Quelle épopée ! Quelle richesse ! Haro sur l’âge d’or de l’islam. 

Remontons le temps pour arriver à l’époque du Moyen-Âge qui se situe du 8ème au 13ème siècle. La civilisation arabo-musulmane étend son empire de la Chine à l’Europe, en passant par l’Afrique. Pour simplifier grandement le contexte de cette époque, il faut se rappeler qu’après la mort du prophète Mohammed (Paix et Salutations sur lui) au 7ème siècle, le pouvoir politique et religieux se trouvait à Médine: c’est le califat abbasside (descendants d’Abbas, oncle du prophète) en 750. Suite aux conflits de deux grands mouvements idéologiques, le califat va peu à peu s’installer dans d’autres villes: le califat omeyyade (descendants de Mu’awiya, compagnon du prophète)qui s’était installé à Damas, en Irak; puis à Cordoue, en Espagne, en raison de conflits qui mettent à mal le pouvoir central; et enfin le califat fatimide (descendant d‘Ali et Fatima, fille du prophète) en 969 au Caire. Ce qu’il faut retenir c’est qu’au-delà de ces nombreuses dissensions de pouvoir, l’empire arabo-musulman se développe sur plusieurs plans:  économique, culturel et scientifique.

L’Islam ouvre la voie à de nouvelles découvertes scientifiques

D’illustres personnages de cette ère, dont les travaux ont été déterminants pour les scientifiques européens qui leur ont succédé, vont impacter le développement des connaissances scientifiques. Ils furent les premiers à remettre en question les écrits de la Grèce antique sur les mouvements des astres autour de la terre. En effet, les érudits grecs pensaient que la terre était au centre de l’univers et que tous les autres astres tournaient autour. Tandis que les érudits musulmans comme Al-Battânî, Omar Khayyam, Al-Tussi, Al-Khwarizmi, parmi les premiers astronomes et mathématiciens de l’histoire, ont remis en question cette science ancienne en corrigeant certains calculs de l’astronome grec Ptolémée (2ème siècle). Ces travaux sur les différentes positions de la lune et le soleil vont définir d’autres précisions astronomiques; et ainsi leur permettre de déterminer la durée d’une année par observations et calculs mathématiques avec seulement quelques outils rudimentaires. On apprend donc qu’une année vaut 365 jours, 5 heures, 46 minutes et 24 secondes, au 8ième siècle! Ils sont parvenus à établir des protocoles de mesure et calcul astronomique d’une incroyable précision; comme la taille de la terre par exemple avec seulement 1% d’erreur! De plus, si Al-Tussi n’avait pas construit le tout premier observatoire du monde au 9ième siècle, il n’aurait pas ouvert la voix aux scientifiques occidentaux durant plus de 300ans d’observation céleste: la quête de la vérité quelle que soit son origine! Les hommes n’ont aucune prise sur les lois de la nature. Les scientifiques musulmans l’ont très bien compris et l’ont exprimé à travers leurs travaux. Ils étaient des «maîtres» dans plusieurs disciplines scientifiques. Il n’était pas rare de trouver un érudit astronome, mathématicien et poète par exemple. Le savoir n’avait pas de limite…C’est une des conséquences de cette diversité dans les connaissances qui vont permettre de mettre la science au service de l’humain. En observant les corps célestes de façon minutieuse, Ibn Al-Shatir va mesurer le temps d’une façon précise grâce au cadran solaire pour permettre aux musulmans de situer les prières quotidiennes et Al-Khwarizmi va élaborer des tables astronomiques pour prévoir les croissants de lune dans une année. Ce dernier, en synthétisant les connaissances de la Grèce antique et en perfectionnant la numération indienne, va faire naître une nouvelle discipline: l’algèbre! Sans cette invention majeure, il n’y aurait pas de mathématiques modernes, sans algorithme, il n’y aurait pas d’ordinateur…

La science est un langage universel

Les nombres décimaux de Al-Khwarizmi sont aussi utiles en Asie qu’en Europe, les tables astronomiques répertoriées sont d’une importance capitale pour les astronomes d’aujourd’hui.Ce que les scientifiques de l’islam médiéval avaient compris, c’est que la science est un langage commun à toute l’humanité. Al-Kindi, philosophe du 9ième siècle écrit à ce propos:«Nous ne devons pas avoir honte d’admirer la vérité et de l’accueillir d’où qu’elle vienne, car il n’y a rien de plus important que de rechercher la vérité. Personne n’est avili par la vérité, au contraire on est anoblie par elle.»

N.E.