Ramadan: A quelle heure arrêtes-tu de manger?

Le Ramadan, édition, 2019 a débuté depuis lundi en Belgique et dans les principaux pays européens et du monde arabe. Si les musulmans jeûnent depuis le Moyen-âge, cela ne les empêche pas de faire face chaque année aux mêmes questionnements. En Belgique, une particularité s’est ajoutée aux différents débats liés au Ramadan, et revient comme un leitmotiv depuis que le Ramadan tombe en plein été… la fameuse question des calendriers! Décryptage 

A quelle heure arrêtes-tu de manger? Cette question, les musulmans belges l’ont entendu plusieurs fois ces derniers jours. Et en cause, plusieurs calendriers circulent avec des horaires pour l’aube qui diffèrent… Jusque là rien d’alarmant, mais pour certains, cette affaire est cruciale car les écarts entre les calendriers sont parfois énormes (jusqu’à une heure de différence…).

3h32, 4h17, 4h30… 

Une heure en plus pour manger, certains ne refuseraient pas la possibilité. Pourtant, cette différence d’horaire n’est pas une erreur. Il s’agit tout simplement d’une méthode de calcul différente… En effet, les différents moments de prière sont déterminés par les mouvements du soleil tout au long de la journée. A titre d’exemple, Maghreb est déterminé juste après la disparition du soleil derrière l’horizon, ou pour Dhor, juste après le passage du soleil au zénith. Les savants musulmans se sont donc intéressés à la question de pouvoir établir scientifiquement les horaires correspondant à ces moments. Les horaires que nous lisons sur nos calendriers sont le fruit de leurs recherches. Des outils mathématiques qui n’existaient pas au temps du Prophète (sas) et la description de ces moments n’étant pas précise, des divergences sont donc apparues concernant la formule mathématique la plus adéquate. Les différences d’horaires sur les calendriers proviennent donc de ces divergences d’opinion. Concrètement, si l’on observe le calendrier de l’Exécutif des musulmans de Belgique, il affiche 3h29 pour Sobh, tandis que celui de la mosquée Al Khalil située à Molenbeek-Saint-Jean affiche 4h09… 40 minutes de différence.

Pourquoi une telle différence?

Cette différence s’explique tout simplement parce que les deux autorités religieuses n’appliquent pas la même méthode de calcul astronomique pour déterminer l’horaire des prières. Néanmoins, et là est l’essentiel, ces deux horaires restent valables, tous deux sont respectueux de la tradition islamique. Les musulmans qui utilisent, l’un ou l’autre (ou tout autre calendrier) n’ont donc pas d’inquiétude à avoir. A souligner également, ces différences d’horaires ne soulèvent que peu de questionnements durant l’année et ne concernent que Sobh (alors que ces différences concernent également la prière de l’Icha) de là à penser que les musulmans ne s’intéressent à cette question uniquement que par souci alimentaire, il n’y a qu’un pas…

Finalement quel horaire suivre? 

Il n’existe pas un seul horaire précis pour la prière de Sobh mais bien une plage horaire permettant ainsi l’interprétation et donc la possibilité d’avoir des horaires différents, tous valables, en fonction des mosquées présentes sur un territoire. Néanmoins, et là est le point essentiel dans cette affaire des calendriers: le croyant musulman se doit de suivre un horaire déterminé, celui du calendrier qu’il opte tout au long de l’année, pas question donc de changer au début du mois de Ramadan, histoire de gagner quelques minutes…. mais en fin de compte, le Ramadan, c’est bien plus qu’une question alimentaire, mais avant tout une question spirituelle, ne passons pas à côté de l’essentiel.